Activités

Webinaire : L’art de raconter la science pour captiver le public 

Comment lire et interpréter les résultats de la recherche sans les déformer ? Comment comprendre avant de vulgariser ? Comment rendre compte de l’incertitude scientifique ? Comment enquêter sur la science au-delà des communiqués de presse ? 

Autant de défis auxquels sont confrontés les journalistes scientifiques au quotidien. Ce webinaire propose d’explorer les outils, les méthodes et les bonnes pratiques pour raconter des histoires complexes et trouver les recherches à mettre en perspective. 

Emilie Gillet, journaliste scientifique depuis 2000, auteur de plusieurs livres sur la science et les animaux et des fictions pour la petite enfance, partagera avec vous ses expériences. Elle collabore avec la presse scientifique grand public et la presse spécialisée. 

Cet événement accueille aussi Adrienne Engono, journaliste scientifique, diplômée en 1998 de l’École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication de l’Université de Yaoundé. Elle est fondatrice du média Sciences Watch Infos.

Il se tiendra le mercredi 18 mars à 14H00 GMT, 15H00 (Heure de France). Si cet événement vous intéresse, voici le lien : https://us06web.zoom.us/webinar/register/WN_QOup3IDjRsWKw9MqikUdLA !

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 Le RJSAF ouvre une antenne en Côte d’Ivoire

Soucieux de former une nouvelle génération africaine de journalistes scientifiques et d’instiller une culture scientifique chez les jeunes et étudiants en journalisme, le Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF) annonce l’ouverture d’une antenne en Côte d’Ivoire.

Pour sa première activité, l’antenne organise une formation en ligne consacrée à la couverture de la science. Cette session abordera les fondamentaux du traitement de l’information scientifique avec l’objectif de fournir aux participant.e.s les clés pour mieux raconter la science.

Couvrir la science ne s’improvise pas. Nul besoin d’être Albert Einstein pour s’y lancer. Il faut avant tout être journaliste. Avoir une appétence pour les questions de science. Un besoin de décrypter le monde, d’en révéler les enjeux, de simplifier la complexité, par sa plume, son micro ou sa caméra.

Ce travail requiert des compétences. Ces compétences ne se décrètent pas. Elles s’acquièrent par l’apprentissage, se forgent dans la pratique, et se perfectionnent avec l’expérience. Il y a un art à couvrir la science. C’est cet art que nous partagerons au cours de cette formation gratuite.

Les étudiants en journalisme qui participeront à cette formation auront l’occasion de produire des articles ou contenus journalistiques qui seront publiés sur le site du RJSAF. Une bourse de participation à la Conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones sera offerte à la meilleure production.

La formation se tiendra le jeudi 12 mars 2026, à 13H00 (heure de France) en présence de la  présidente de la Fédération européenne du journalisme scientifique, Agnès Vernet, du coordonnateur et rédacteur en chef de l’édition de langue française de SciDev.Net, Julien Chongwang, du Président du RJSAF, Kossi Balao, et de la journaliste présentatrice à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne, Marthe Akissi Kra.

Pour participer à la formation “Comment les journalistes doivent-ils couvrir la science ?”, veuillez vous inscrire ici :  https://us06web.zoom.us/webinar/register/WN_YGb5wMWUSVqbacWEKOk46A !

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Quelle place pour les légumineuses négligées dans notre alimentation et santé ?

Les maladies non transmissibles (MNT) explosent. Les maladies comme les AVC, le diabète, l’obésité, l’hypertension artérielle et certains cancers. Ces maladies sont liées à l’alimentation. Une alimentation à l’origine de carences nutritionnelles.

Plus de 60% des décès dans le monde sont causés par ces maladies, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Aucun pays n’y est épargné. La malnutrition qui favorise ces maladies est un fléau qui touche 9,2% de la population mondiale, d’après les Nations unies.

Parmi les solutions à ces MNT, figurent les légumineuses. Des recherches menées par l’Université de Kara et l’Institut Togolais de Recherche Agronomique révèlent leur richesse nutritionnelle exceptionnelle et leur potentiel pour répondre aux défis de santé publique.

Pourquoi continuons-nous à ignorer ces ressources alimentaires pourtant stratégiques ? Comment peuvent-elles contribuer concrètement à prévenir la malnutrition et les maladies chroniques qui progressent dans nos populations ? Quelle est réellement leur valeur nutritionnelle comparée aux aliments que nous consommons quotidiennement ?

Pourquoi ces cultures ancestrales ont-elles été délaissées alors qu’elles présentent des atouts majeurs pour notre santé ? Quelles politiques publiques ou agricoles pour les intégrer dans les programmes de nutrition et de sécurité alimentaire ? 

Dans ce webinaire de la série Science en partage, le Réseau des Journalistes Scientifiques d’Afrique Francophone (RJSAF) suscite le débat avec quatre experts pour démontrer pourquoi ces légumineuses méritent de retrouver leur place dans nos assiettes et constituent une solution locale pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique.

Les échanges seront nourris par les interventions du Pr Émile Kou’santa AMOUZOU, Professeur Titulaire de Biochimie/Nutrition, Doyen Honoraire FaST/UK, Président de la Société Togolaise de Nutrition (STN), Dr KODJO Kossi Serge, Endocrinologue Diabétologue Nutritionniste, M. GUENOU Kossi Tsoekem, Ingénieur Agronome, Coordonnateur de l’UROPC-M, et Dr Fayeu Cindy epse ASSIH, Médecin nutritionniste.

Vous pouvez vous inscrire ici pour participer à ce webinaire qui se tiendra le jeudi 5 février 2026 à 13H00 GMT sur Zoom . La vidéo sera disponible en replay dans la playlist de notre chaîne YouTube : https://www.youtube.com/playlist?list=PLXTsymbDSUEP6ljv2oDz-HhObGW8uaOYw !

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Webinaire : Ce qu’on sait et ce qu’on ignore encore sur les Grands singes

L’antenne camerounaise du Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF), en collaboration avec Earth Journalism Network (EJN), organise un webinaire le 24 janvier 2026 à 10h00 (9h00 GMT) consacré à :  « Ce qu’on sait et ce qu’on ignore encore sur les grands singes »

Les grands singes – gorilles, chimpanzés, bonobos et orangs‑outans – partagent jusqu’à 98 % de notre ADN, mais leurs populations déclinent à un rythme alarmant. Ils sont victimes de la déforestation, du braconnage, des maladies et du trafic illégal. Ces espèces jouent pourtant un rôle crucial dans la santé des forêts tropicales, la régénération des écosystèmes et la lutte contre le changement climatique.

Ce webinaire gratuit et ouvert à tous, sera animé par trois experts :

  • Dr Alain Ulrich Ondzie, coordinateur terrain et conseiller technique, Programme Santé Faunique (WHP) ;
  • Dr Ekwoge Abwe, primatologue, co-lead de l’African Forest Hub (San Diego Zoo Wildlife Alliance) et Directeur pays de la Cameroon Biodiversity Association ;
  • Dr Cedric Kambere Kibengo, vétérinaire de terrain pour Gorilla Doctors en République démocratique du Congo.

Les discussions porteront sur l’état actuel des populations de grands singes, les menaces invisibles ou peu médiatisées, les actions concrètes de conservation qui changent la donne, et les bonnes pratiques journalistiques pour couvrir ces enjeux de manière rigoureuse et impactante. Vous pouvez vous inscrire ici  ! 

Retrouvez les vidéos de nos webinaires en replay sur notre chaîne YouTube.

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Webinaire : Techniques et innovations pour améliorer la productivité des légumineuses

Comment les médias peuvent-ils éclairer les enjeux liés à la productivité des légumineuses dans un contexte de crise climatique et d’insécurité alimentaire ? Quel rôle doivent-ils jouer pour aider le public à la compréhension de ces enjeux ?  

Aujourd’hui, les avancées en recherche agronomique, en sélection variétale et l’utilisation de techniques nucléaires offrent de nouvelles perspectives pour améliorer durablement la productivité des légumineuses et renforcer la résilience des systèmes agricoles. 

Ces innovations seront au cœur de notre prochain webinaire, organisé par le Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF).  Un webinaire avec :  

  • Prof. Pascal Houngnandan, Professeur titulaire en microbiologie des sols et écologie microbienne, ancien vice-recteur de l’Université Nationale d’Agriculture (Bénin)  
  • Dr Essohouna Modom Banla, sélectionneur et chef du programme légumineuses à graines, Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) 
  • ⁠Fulbert Adjimehossou, membre du RJSAF 

La participation au webinaire rend éligible au concours de production médiatique lancé par le RJSAF. Vous pouvez vous inscrire ici !

Retrouvez toutes les vidéos de nos webinaires sur les légumineuses en replay sur notre chaîne YouTube.

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Le RJSAF lance un concours sur les légumineuses

Le Réseau des Journalistes Scientifiques d’Afrique Francophone (RJSAF) a procédé, ce jeudi 15 janvier 2026, au lancement d’un concours dédié aux meilleures productions journalistiques sur les légumineuses. Les professionnels des médias couvrant des sujets scientifiques en Afrique francophone sont invités à soumettre leurs candidatures jusqu’au 15 avril 2026.
Haricot, niébé, pois d’Angole, soja, etc. Ces légumineuses jouent un rôle clé dans l’alimentation humaine, animale et dans la durabilité agricole. Les journalistes  sont encouragés à mettre en lumière les enjeux autour des légumineuses. En effet, riches en protéines, en micronutriments et capables d’améliorer la fertilité des sols grâce à la fixation de l’azote, elles constituent une réponse aux défis de la malnutrition, de la sécurité alimentaire, du changement climatique et des systèmes agroécologiques.
Pour Kossi Balao, président du RJSAF, ce concours vise à encourager un traitement médiatique rigoureux et responsable des défis scientifiques, sanitaires, agricoles, nutritionnels et environnementaux liés aux légumineuses.
« À travers ce concours, nous souhaitons répondre à un double besoin : celui de promouvoir un journalisme scientifique de qualité,  un contenu éditorial original, des reportages et dossiers de fond, fondés sur le travail de terrain et des données scientifiques fiables, et les freins à la valorisation de leur potentiel et à leur intégration dans les politiques publiques », a-t-il souligné.
Le concours s’adresse aux journalistes professionnels d’Afrique francophone, issus de la presse écrite, de la radio, de la télévision ou des médias numériques. Les productions soumises devront aborder les légumineuses sous un angle scientifique ou technique, en lien avec la recherche agronomique, la nutrition et la santé, l’adaptation au changement climatique, l’innovation agricole, ou encore l’impact socio-économique pour les producteurs et les consommateurs.
Les œuvres doivent avoir été publiées ou diffusées entre le 15 janvier 2026 et le 15 avril 2026. À travers cette compétition, le RJSAF réaffirme son engagement en faveur d’un journalisme scientifique rigoureux, pédagogique et utile à la société.
Les productions seront évaluées selon plusieurs critères, notamment la qualité scientifique de l’information, la clarté du traitement, l’originalité de l’angle et l’impact potentiel sur le public. Les journalistes intéressés sont invités à consulter l’appel à candidatures à soumettre leurs dossiers via ce formulaire : https://forms.gle/6WYpzVgXgcDheiou9 !

Pour mieux approfondir leur compréhension du sujet, les candidat.e.s peuvent suivre en replay les webinaires organisés par le réseau de janvier à février, lesquels sont disponibles dans cette playlist : https://www.youtube.com/playlist?list=PLXTsymbDSUEP6ljv2oDz-HhObGW8uaOYw !

Ce concours est doté d’un prix unique, d’un montant de 500 euros, qui sera décerné au lauréat ou à la lauréate.

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Webinaire : Comment couvrir les légumineuses négligées ?

Considérées comme l’aliment du futur, les légumineuses restent largement marginalisées, négligées et insuffisamment valorisées. Elles sont pourtant un allié dans la lutte contre le changement climatique, la sécurité alimentaire et peuvent améliorer la fertilité du sol. 


Comment expliquer qu’elles soient progressivement remplacées par des cultures importées ? Quels facteurs entravent leur retour dans nos assiettes ? Comment mieux parler des légumineuses dans les médias et garantir une couverture à la hauteur des enjeux ? 


Pour permettre aux journalistes et acteurs de la société de mieux appréhender les travaux de recherche consacrés aux légumineuses négligées et leur potentiel nutritionnel, le Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF) organise un webinaire qui se déroulera le jeudi 15 janvier 2026 à 13H00 GMT.


Invités


Avec le :

  • Dr. Palanga Koffi Kibalou, enseignant-chercheur en Biochimie et Biologie moléculaire à l’université de Kara 
  • Essohouna Modom Banla, sélectionneur et chef programme légumineuses à graines à l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA). 


Inscrivez-vous à ce webinaire pour en apprendre davantage sur les légumineuses et améliorer votre traitement médiatique du sujet. La participation au webinaire rend éligible au concours de production médiatique lancé par le RJSAF.


Vidéo disponible en replay : https://youtu.be/2HsFW4y9OBA !

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Les lauréats des bourses d’enquête de la Conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones 

Nous avons le plaisir de vous annoncer les huit projets retenus dans le cadre des bourses d’enquête de la conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones. Une bourse de 16 000 euros pour encourager des enquêtes journalistiques sur des sujets scientifiques en lien avec la crise climatique et écologique.

Cette bourse est à l’initiative du Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF) en partenariat avec l’Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI), l’Association suisse pour le journalisme scientifique (ASJS) et l’Association des communicateurs scientifiques du Québec (ACS).

32 candidatures de projets d’enquêtes (collaboratives et individuelles) ont été soumises par 47 journalistes dont 38 hommes et 9 femmes venant de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Cameroun, du Bénin, du Mali, du Burundi, de la Mauritanie, du Togo, du Burkina Faso, de la République démocratique du Congo, du Tchad, du Sénégal, du Rwanda et de la France.

Après plusieurs mois d’évaluation, le jury a procédé à la sélection des projets lauréats:

  1. Menaces des ravageurs : l’or blanc du Bénin dans le viseur – Laurelle Sounouvo (Benin), Fulbert Adjimehossou (Bénin) 
  2. Enquête dans les zones minières de l’Est du Cameroun sur l’impact écologique, sanitaire et social sur la population – Sintia Dounang (Cameroun), Gibrile Kenfack (Cameroun), Romulus Dorval Kuessié (Cameroun)
  3. Les conséquences de l’érosion côtière au Bénin et Togo et les résultats du projet WACA pour lutter contre ce phénomène – AGOSSOU Hippolyte (Benin) NAMMAGUE Hector (Togo) EZIN Jean-Luc (Bénin) 
  4. Quand la savanisation crée la rareté des poissons dans le lac Edouard et provoque un conflit entre la RDC et l’Ouganda – SENGENYA Claude (RDC), Hervé Mukulu RDC)
  5. Intelligence artificielle dans la gestion des catastrophes au Rwanda – Aimable Twahirwa (Rwanda) 
  6. L’impact de la sécheresse et du déficit pluviométrique sur les centrales hydroélectriques  –  Ferdinand Mbonihankuye (Burundi), Arthur Bizimana (Burundi) 
  7. Changement climatique et prolifération des usines de farine et d’huile de poisson: vers la disparition des petits pélagiques sur les côtes sénégalaises? – Kuessi Togbe Giraud – Sénégal
  8. Enquête sur les menaces sur la population d’abeilles au Burkina Faso Mahamadi SEBOGO (Burkina Faso)

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La revue scientifique Global Africa sollicite des propositions d’articles

La revue scientifique Global Africa, un projet auquel notre Réseau des Journalistes Scientifiques d’Afrique Francophone (RJSAF) est partenaire, recherche des propositions d’articles à partir des thématiques esquissées ci-dessous.  Les propositions d’une longueur maximale de 1500 signes espaces  compris, pourront être soumises en anglais, arabe, français, swahili (ou une autre langue  africaine). Elles doivent être envoyées au plus tard le 04 octobre 2021.

Introduction : donner vie au virus / faire vivre la viralité

Depuis fin 2019, le monde vit à l’heure virale. Le nouveau coronavirus (SARS-CoV-2) s’est  rapidement propagé, mettant en exergue la densité planétaire des réseaux de mobilité  humaine et informationnelle. Il s’est « associé » (Latour 2020) de manière très différente,  selon les pays, à des dispositifs de détection, de prise en charge et de contrôle, mais aussi à  des marchés du travail et de denrées essentiels, ou à des relations, formelles ou familiales,  d’échange, d’obligation et de care.

Le virus est, d’un point de vue biologique, une entité  liminaire et relationnelle, viable, mais qui ne peut vivre hors des cellules d’un autre organisme.  Il « prend vie » non par l’attaque virale, mais lorsque son hôte entre en relation avec lui  (Napier 2012, Brives 2020). Pour les sciences humaines et sociales, l’objet virus incite ainsi à  poser la question : comment fait-on vivre le virus et la viralité ? 

Question biosociale et écosociale qui évoque les relations spatiales et sociales de la  transmission mais également celles qui donnent virulence à l’infection (Lowe 2017) ainsi que  les relations entre espèces et habitats qui pourraient faire « émerger » de nouveaux virus.  Question épistémologique par ailleurs : par quels modes de savoirs et de détection fait-on  entrer le virus dans les relations sociales et politiques ?

Question socioculturelle enfin : celle  de la viralité que l’on fait vivre par les récits sur les agents pathogènes et éclosions  épidémiques (Wald 2008, Quammen 2015) mais aussi par les représentations de migrants, d’étrangers, de populations et d’espaces– très souvent africains – comme vecteurs ou terrains  de latence et d’émergence virale (Auray et Keck 2015). 

Ce numéro invite à penser la viralité à partir de l’Afrique globale selon une approche  pluridisciplinaire. Il s’agit d’appréhender le virus non seulement comme réalité biologique,  mais aussi comme objet d’informations ou comme lieu d’enjeux qui cristallisent la relation de  l’Afrique au monde du point de vue de la construction du risque, des mobilités, de la gestion  des ressources naturelles, de la production des savoirs ou encore des inégalités des conditions  de vie et des politiques de prévention et de soins. 

Nous sollicitons des articles à partir des thématiques esquissées ci-dessous.

 1. L’Afrique « terre de virus »

Viralité et Afrique sont deux notions consubstantielles dans l’imaginaire occidental. Dès les  premières rencontres avec les explorateurs et administrateurs coloniaux, l’Afrique apparaît  comme le pays des fièvres et donc comme le tombeau de l’Homme blanc (Dozon 1995). Les  Africains, vecteurs de fièvre jaune, mais aussi de maladies non virales comme le paludisme, la  trypanosomiase humaine africaine et la peste, étaient représentés comme « réservoirs à  virus », justifiant la ségrégation raciale des villes (M’Bokolo 1982) ainsi que les campagnes  militarisées de dépistage, de traitement, de prophylaxie et de déplacement des populations

 (Lachenal 2014). On a expérimenté, sur les corps africains, de nouveaux vaccins viraux dont  celui contre la fièvre jaune et celui contre l’hépatite B. On a également mené en Afrique des  campagnes de vaccination de masse antivariolique et antirougeoleuse. Alors que  l’expérimentation vaccinale continue, le continent est aussi accusé de « résister » à  l’éradication de la polio (Yahya 2007). Dans ce contexte, l’Afrique est souvent pensée comme  siège d’une menace virale à contenir dans la continuité de l’imaginaire colonial de la  vulnérabilité « Blanche » (Anderson 1996). Le continent occupe de ce fait une place dominante  dans l’imaginaire bio-sécuritaire néolibéral (Cooper 2008, Wald 2008).

Avec la Covid 19, les représentations ont semblé s’inverser dans un premier temps, pendant  quelques mois, l’Occident a été une menace pour l’Afrique. Toutefois, l’absence de capacité  vaccinale vient de nouveau installer le continent comme siège de(s) menace(s) virale(s) à  venir. Dans ce numéro spécial, nous souhaitons penser la longue durée du rapport construit  entre l’Afrique et les virus. Dépassant l’objet biologique virus, on voudra donc s’interroger sur  la viralité des représentations qui circulent sur le continent, mais également sur le continent  européen qui émerge non plus en tant qu’eldorado, mais “tombeau de l’homme noir”. 

2. Questionner l’Anthropocène

Depuis la ville de Wuhan, la Covid 19 s’est imposée à l’échelle planétaire. Sur la base d’une  extrapolation à partir de 380 nouveaux virus identifiés chez les chauves-souris, le programme  PREDICT 1(Reducing Pandemic Risk, Promoting Global Health) a estimé entre 360 000 et  460 000 le nombre de nouvelles espèces de virus à découvrir. La pression sur les écosystèmes  pour diverses activités intensives d’extraction, de production, interfère avec les cycles naturels  de micro-organismes, enzootiques ou sylvatiques, qui pour certains n’ont que peu, voire  jamais, été en contact avec les humains. En bouleversant les écosystèmes, en particulier les  milieux forestiers, les communautés humaines courent le risque d’un contact avec les  pathogènes des espèces animales qui y vivent. Selon Jean-François Guégan, la destruction à  grande échelle des forêts à travers le monde, notamment en Afrique, entraîne une  cohabitation accrue entre animaux sauvages, animaux d’élevage et êtres humains ; ou pour le  dire autrement, les « humains se sont rapprochés des microbes » et des virus, engendrant un  éveil de cycles microbiens naturels peu ou jamais exposés aux humains (Guégan, Thoisy et al. 2018, Guégan 2020). Ainsi, ces forêts tropicales et équatoriales, bouleversées par l’activité  humaine, constituent de futures bombes biologiques, invitant à anticiper les menaces virales,  et dans tous les cas, à s’inscrire aujourd’hui dans une approche « One Health ».

Le néologisme Anthropocène s’est imposé pour rendre compte de la capacité de l’humanité,  par ses activités, à supplanter les facteurs naturels pour modifier la trajectoire des écosystèmes. Comme le souligne Michel Magny (2021), si l’impact de l’activité humaine sur  les milieux naturels atteint effectivement une ampleur sans précédent, l’intensité du  phénomène nous interroge sur notre espèce et ses relations avec les autres vivants, dont les  virus. D’ailleurs, tout en reconnaissant l’impact de l’Anthropocène, on pourrait adopter une  approche plus critique. Faut-il ainsi accepter l’argument de la pression humaine alors qu’en  Guinée Conakry, les travaux de James Fairhead et Melissa Leach (1995a ; 1995b) montrent  que depuis les années 2000, la pression s’est relâchée, notamment en raison de l’insécurité  liée aux incursions rebelles venues de Sierra Leone ? Et que Jacques Pépin (2011) a bien  montré, en prenant l’exemple du VIH, que la circulation du virus était moins liée à  l’exploitation de la forêt en tant que telle qu’aux politiques coloniales urbaines (ségrégation)  et sanitaires ? Et qu’enfin, les récentes épidémies Ebola (RDC et Guinée) ne sont pas  zoonotiques, mais d’origine humaine ?

Outre les réflexions philosophiques sur les multiples fronts que dessine l’Anthropocène en  termes de menace virale, ce numéro spécial accueille des articles documentant, au travers  d’études de cas, la biographie et la trajectoire de zoonoses ou de virus spécifiques, depuis les  animaux vers les humains et/ou de la forêt vers la ville.

3. Circulations

En plus de la déforestation qui engendre des circulations de micro-organismes entre espèces,  l’accroissement de la population urbaine et de la taille des villes, dans les régions  intertropicales, expose à des dangers microbiologiques nouveaux, plus importants et plus  fréquents. Ces villes abritent par ailleurs des populations démunies, particulièrement vulnérables à la menace virale (Guégan 2020). Selon l’Organisation des Nations unies (ONU),  2,5 milliards de personnes supplémentaires vivront dans les zones urbaines d’ici 2050. Or,  plusieurs travaux établissent un lien entre les risques sanitaires, le bien-être, la santé mentale  et l’aménagement des villes. L’urbanisation anarchique et non contrôlée des villes africaines  a été relevée, avec les problèmes d’insécurité et de violence, d’inégalités (environnementales / sanitaires), d’assainissement et de pollution atmosphérique. 

Autour de l’objet virus, ce numéro spécial voudrait interroger la circulation des virus, des  menaces virales, la transmission/contagion, mais aussi la prévention et l’anticipation du risque  épidémique à travers l’usage de l’intelligence artificielle pour envisager les possibles, mais  également grâce à l’analyse de cartes interactives pour suivre et documenter la trajectoire de  la menace et son emprise. Il interroge la circulation du vivant sous ses différentes formes et  par différents médiums à l’échelle globale ainsi que la fabrication des micro-organismes  virulents ou atténués in situ ou dans des laboratoires, à des fins de prévention ou de  (bio)terrorisme. Ainsi, si la récente pandémie de Covid 19 nous a révélé notre « socle  biologique commun insensible à toute condition sociale et toute appartenance culturelle »  (Garapon 2020), les inégalités infrastructurelles et la fracture numérique persistent. De la  sorte, ce numéro spécial accueille des textes qui se fondent sur des analyses documentées des  processus de production de micro-organismes dans les laboratoires à partir d’animaux de  laboratoire. Il présente les enjeux du bioterrorisme et des défis posés à l’échelle globale, et en  particulier dans les pays du Sud où les infrastructures assurant la sécurité des productions de  laboratoire dans des circuits fermés peuvent être défaillantes.

4. Régimes d’exception, protestations

Quand la menace virale devient réalité épidémique dans une configuration spatio-temporelle  spécifique, elle vient souvent révéler des processus de violence structurelle (Fassin 2004,  Farmer 2005), elle met à nu des crises antérieures, des ressentiments accumulés (Garapon  2020) et elle peut être envisagée comme une réminiscence : les corps se souviennent (Fassin  2006). On a pu organiser des populations, créant des frontières physiques ou symboliques,  reléguant à la marge ou à la périphérie par des stratégies diverses certains groupes,  enfermant, ou tuant des corps porteurs de virus potentiellement dangereux pour préserver  les corps sains, encercler, contenir l’épidémie pour la juguler, comme on l’a vu à l’époque  coloniale (Lyons 1985, Lyons 1992) ou pendant les récentes épidémies (VIH, Ebola, etc.). De  même, la marginalisation, la relégation peuvent conduire à des manifestations de protestation  prenant la forme de revendications pour des formes de citoyennetésspécifiques : citoyenneté  thérapeutique, écocitoyenneté, citoyenneté mondiale ou globale, etc. 

Ce numéro spécial accueille des articles portant sur les moments et régimes d’exception mis  en place dans le contexte africain pour faire face à la menace virale ou à l’épidémie, et sur les protestations qu’ils ont engendrées. 

5. Virus, géopolitique, production des savoirs

L’objet virus interroge la production, la circulation des savoirs, de l’information, des dispositifs  techniques et technologiques, ainsi que la capacité des Etats à faire face à la menace virale ou  à l’épidémie, qu’il s’agisse de l’accès aux molécules, de la sécurisation des frontières, de la  sécurité informatique, de l’hébergement des données, de la protection des données  personnelles. L’objet virus, quand il s’applique à ces domaines, pourrait fournir d’autres grilles  de lecture de la géopolitique à partir du continent africain où, sur fond d’aide humanitaire, de politiques de santé, etc., les pays du Nord déploient différentes stratégies pour utiliser les  corps à des fins d’essais thérapeutiques (Petryna 2009) ou pour accéder aux ressources des  écosystèmes.

On assiste alors à une forme de colonisation non plus des corps humains, mais du vivant, qui  devient une simple matière à fort potentiel économique mais également épidémique et sur la  base duquel une guerre virtuelle ou une attaque bioterroriste pourraient être organisées. Ce  numéro accueille des contributions qui analysent, sur la base de données empiriques et  d’études de cas solides, la manière dont l’objet virus redessine la géopolitique à partir de  l’Afrique, tout en créant un continent évoluant à différentes vitesses en fonction de l’intérêt  des Etats, des fondations pour des pays spécifiques. Et cette géopolitique, en rendant visibles certains lieux, en occulte d’autres (Brown, Craddock et al. 2012). 

6. Désenclaver l’Afrique

Les virus et leurs atteintes sur les corps biologiques et sociaux divergent au Nord et au Sud :  face aux virus, nous ne sommes pas égaux. Les moyens de prévention et de riposte à la  contagion obéissent à des logiques spécifiques aux contextes et sont inégalement répartis.

Ainsi, quand bien même un événement épidémique s’imposerait à l’échelle planétaire, les  contraintes liées aux déplacements, aux interactions, à l’hyper circulation d’informations  (infodémie), mais aussi la vitesse avec laquelle les industries pharmaceutiques peuvent  produire des molécules, dévoilent la géographie des inégalités. En conséquence, si nous vivons  tous avec des virus, les termes de la négociation avec ces derniers varient en fonction de  facteurs géographiques, technologiques, économiques. La notion de « local biologies » (Lock  and Kaufert 2001) a rappelé utilement en quoi le corps était, au-delà de la biologie, le produit  de l’histoire et du contexte économique et social. De ce fait, notre rapport au virus est  forcément local. Ce local est cependant lui-même travaillé par des paradigmes instables (Giles Vernick and Webb 2013). Au cours des deux dernières décennies, nous sommes passés d’une  approche de la santé internationale qui s’est voulue globale ‒ Global Health – et qui désormais se veut intégrée ‒ One Health. Autrement dit, la « Terre s’arrondit » (Moulin 2014). Ce qui  n’empêche pas la mise en place de réponses hégémoniques, autoritaires, souvent violentes. 

Le numéro spécial accueille des contributions liées à cette imbrication du local et du global. 

Les propositions de communication, d’une longueur maximale de 1500 signes espaces  compris, pourront être soumises en anglais, arabe, français, swahili (ou une autre langue  africaine). Le résumé doit explicitement prendre en charge les cinq (5) questions suivantes :

1. Votre article entre-t-il dans le champ de notre revue ? Quels aspects sociétaux ET globaux aborde-t-il ?

2. Quelle est la question/le problème scientifique abordé.e dans la proposition ? 3. Quelle(s) est/sont la (les) conclusion(s) clé(s) qui répondent à cette question ? (ou  l’idée clé )

4. Quels sont les trois articles les plus récemment publiés qui sont pertinents pour cette  question ? Pourquoi votre papier est-il original par rapport à ceux-ci ?

5. Pourquoi ce travail est-il important et opportun ?

Les propositions doivent être envoyées à l’adresse suivante : redaction@globalafrica.ac au plus tard le 04 octobre 2021.

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Global Africa, la nouvelle revue scientifique africaine

Le projet Global Africa auquel notre Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF) est partenaire, a été officiellement lancé à Dakar, à Saint-Louis, le 1er avril par la signature de la convention entre l’Agence française de développement (AFD) et l’université Gaston Berger de Saint-Louis au Sénégal (UGB).

L’université Gaston Berger de Saint-Louis au Sénégal  lance à Dakar Global Africa, une revue scientifique internationale et pluridisciplinaire, associée à des actions de renforcement de la recherche africaine, soutenue par l’Agence française de développement à hauteur de 1,5 million d’euros. Ce programme mobilisera plus d’une dizaine d’institutions partenaires du continent africain ou françaises.

Avec la revue Global Africa, le Laboratoire d’analyse des sociétés et pouvoirs / Afrique – Diasporas (LASPAD) de l’UGB vise à rendre compte des enjeux politiques, sociaux, économiques, écologiques, technologiques de l’Afrique et du monde.

La revue, plurilingue (français, anglais, arabe et swahili), dont les premiers appels à contribution vont être diffusés prochainement, est dotée des standards internationaux d’évaluation des articles. L’ambition de Global Africa est d’être ouverte, au-delà des sciences sociales, à la science de la durabilité et aux approches pluridisciplinaires.

Elle a été imaginée par un consortium, qui comprend, aux côtés du LASPAD de l’UGB, l’IRD (Institut de recherche pour le développement, France), le Center for Global Studies de l’UIR (université internationale de Rabat, Maroc) et le LASDEL (Laboratoire d’études et de recherche sur les dynamiques sociales et le développement local, Niger).

L’ambition fédératrice de Global Africa se matérialise plus largement par l’association de neuf autres structures, d’ancrage national (par exemple l’université de La Manouba en Tunisie, le laboratoire Les Afriques dans le Monde, l’Institut des Mondes africains en France, l’université virtuelle du Sénégal, l’Institut national de la statistique et des études économiques français, mais aussi The Conversation France) comme continental (par exemple le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique, ou l’African Studies Association of Africa) ou régional (Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone).

L’Agence française de développement apporte pendant quatre ans un soutien au lancement du programme à travers un financement d’1,5 million d’euros pour un budget global de 2,65 millions d’euros.

Un programme de formations et d’événements pour compléter l’offre éditoriale

Parallèlement à la revue, des actions de formation sont programmées pour renforcer l’écosystème de la production et de la diffusion de la recherche africaine : cours en ligne sur l’édition et la publication, à destination des chercheurs comme des professionnels de l’édition ; écoles itinérantes dédiées aux jeunes chercheurs permettant de constituer une communauté d’auteurs ouverte aux enjeux portés par la revue.

L’année 2021 sera aussi marquée par l’organisation d’un colloque et la parution des deux premiers numéros de Global Africa.

Le panorama de la production de savoirs en Afrique est contrasté et paradoxal. Le continent africain produit une très faible part des publications scientifiques mondiales (3,2% seulement en 2016 selon les données de Web of Science) alors qu’il témoigne, diaspora comprise, d’un foisonnement intellectuel. La recherche africaine demeure faiblement financée alors que se jouent en Afrique des transformations qui éclairent et affectent le monde dans son ensemble.

L’édition, la publication et la dissémination de la recherche scientifique africaine sont une préoccupation majeure du LASPAD, conformément aux orientations du Plan stratégique 2021-2025 de l’université Gaston Berger. Depuis sa création en 2014, le laboratoire de l’UGB est grandement investi en faveur du renforcement de l’écosystème africain de production et de diffusion de la recherche scientifique. Située sur plusieurs niveaux d’intervention, l’action du LASPAD entend contribuer au développement des presses universitaires du continent, au soutien des auteurs et éditeurs scientifiques, et à l’accompagnement des institutions académiques africaines dans la publication et la promotion des savoirs innovants et à fort impact social et environnemental.

La recherche et l’innovation, et plus largement la production et le partage des savoirs, sont au cœur de l’action de l’Agence française de développement. En matière de recherche, l’AFD s’est engagée fortement à travers sa stratégie 2019-2022 à renforcer les partenariats avec les structures de recherche de ses pays d’intervention, notamment sur le continent africain qui concentre la moitié de ses activités. En accompagnant le lancement de Global Africa, elle va plus loin en contribuant à l’ancrage sur le continent de capacités inédites d’édition scientifique de niveau international, et plus largement de valorisation de la recherche africaine et sur l’Afrique.

Global Africa, la nouvelle revue scientifique africaine Lire la suite »